Les partenariats public-privé au Vietnam

Pour cette 8e édition, les étudiants de l’association ont choisi un thème en lien direct avec le Master DCEAI et l’actualité économique: "Les partenariats public-privé (PPP) au Vietnam : enjeux et perspectives". En effet, ce sujet fait directement écho aux enjeux de financement de la croissance au Vietnam, qui fait de plus en plus appel au financement international. Car le développement des villes, des moyens de communication et de transport nécessite un accompagnement du secteur public, afin de fournir des infrastructures de qualité pour répondre aux besoins induits par la croissance du pays. Mais lorsque l’État ou les localités ne peuvent plus assurer le financement de certains services, la solution du financement privé étranger peut finir par s’imposer. C’est cette mesure que les dix intervenants ont analysé et remis en question lors du colloque.

Constats et perspectives

Pendant cinq heures ce mercredi, pas moins de huit intervenants se sont succédés, afin, dans un premier temps, d’éclaircir le sujet et d’en donner une définition claire, puis de se pencher sur l’avenir de ce type de contrat. Différents spécialistes de la question ont analysé l'état des PPP au Vietnam. Il s'agit notamment des avocats en cabinet de conseil, officiant par exemple chez Audier & Partners, Deloitte, Dezan Shira ou Duane Morris, qui ont mis en lumière l’évolution des politiques fiscales et du cadre juridique en la matière. Sébastien Staudt, représentant du groupe Vinci au Vietnam, a présenté les bénéfices des PPP pour le développement des infrastructures publiques. Une analyse plus théorique a été apportée par Marie Nguyên, professeur à la Faculté de droit de l'Université de Huê, qui a proposé une méthode comparative de la législation du secteur public en France et au Vietnam.


Traduites en direct, les présentations des intervenants ont permis à l’assemblée, plus ou moins connaisseuse en la matière, d’appréhender le sujet avec des bases claires et accessibles.

Ouvrir les perspectives pour l’investissement

L’urbanisation, l’accroissement démographique et la croissance de la mobilité de la population sont autant de facteurs qui font monter la demande en infrastructures. Les projets de modernisation, notamment des voies de communication (ponts, voies ferrées, autoroutes, ports) constituent le principal de la demande en investissements.

D’ici à 2030, la Banque mondiale (BM) estime que les besoins d’investissements au Vietnam atteindront 480 milliards de dollars, somme que l’État vietnamien ne sera surement pas en mesure de fournir. Bien que porté par une croissance forte, les 204 milliards de dollars de PIB annuel ne pourront certainement pas permettre un tel financement. Le Vietnam est pourtant le deuxième pays d’Asie du Sud-Est, derrière la Chine, en matière de dépenses publiques pour les infrastructures.

En 2015, le gouvernement vietnamien s’est rendu compte de l’urgence de faire appel au privé pour financer ses infrastructures. Et malgré les aides de la BAD, de la BM ou de l’Agence française de développement (AFD), le modèle de financement ne peut toujours pas répondre aux besoins de développement du pays. Il est l’heure pour le gouvernement de repenser sa relation avec le secteur privé.